Reconnaitre ce que l’on porte déjà
Les résolutions du Nouvel An ont leur place. Les tableaux de visualisation, la définition d’objectifs et les nouveaux départs peuvent être de puissants leviers de changement. Mais tandis que le calendrier se tourne et que les réseaux sociaux débordent de récits de transformation, nous souhaitons offrir une autre perspective : parfois, ce dont vous avez réellement besoin n’est pas de repartir à zéro, mais de reconnaître tout ce que vous et votre enfant portez déjà.
Quand le 1er janvier ne remet pas tout à zéro
Alors que le monde s’enthousiasme pour les abonnements à la salle de sport et les conseils pour gagner en productivité, de nombreuses familles traversent des réalités qui ne s’effacent pas avec une nouvelle année. Si vous êtes parent par adoption, par la garde par les proches ou par les soins coutumiers, vous savez que certains défis ne s’arrêtent ni pendant les Fêtes ni au moment de trinquer à minuit.
Vous faites peut-être face à :
La réalité quotidienne du traumatisme et de l’attachement
Les réactions liées au traumatisme et les difficultés d’attachement ne prennent pas de pause. Elles se manifestent dans le comportement de votre enfant, dans vos interactions et dans la manière dont la confiance se construit, lentement et avec prudence. Cela vous touche, vous et votre enfant, chaque jour.
L’amour et la perte, étroitement liés
Vous pouvez aimer profondément votre enfant tout en reconnaissant les pertes et les circonstances qui l’ont mené jusqu’à vous. Ces deux réalités coexistent, et leur faire une place demande beaucoup.
Des systèmes qui n’ont pas été pensés pour vous
Naviguer dans des subventions, des prestations et des programmes qui, bien souvent, n’ont pas été conçus pour les familles adoptives, les familles formées par les proches ou les familles en soins coutumiers demande de la persévérance, de la patience et une énergie que vous n’avez pas toujours.
Une défense constante
Vous défendez votre enfant dans des systèmes qui ne comprennent pas toujours son histoire, ses liens culturels ou son vécu traumatique. Chaque rencontre à l’école, chaque rendez-vous médical, chaque interaction dans la communauté peut vous obliger à expliquer, sensibiliser et faire valoir sa réalité.
Le maintien de liens essentiels
Favoriser des contacts sûrs et significatifs avec la famille biologique lorsque cela est possible, composer avec la séparation entre frères et sœurs ou chercher à préserver ces liens représente un engagement continu, qui demande un important travail émotionnel.
Des comportements mal interprétés
Les rencontres scolaires où des comportements liés au traumatisme sont perçus, à tort, comme de la provocation peuvent être à la fois épuisantes et profondément isolantes.
La solitude de ce parcours
Le sentiment d’être incompris, parce que les autres n’ont pas vécu cette réalité particulière, peut lui aussi peser lourd.
La pression de la transformation
En janvier, la pression de se réinventer est partout. Mais voici ce que nous voulons que vous sachiez : vous accomplissez déjà un travail essentiel, exigeant et profondément humain. Vous êtes présent pour un enfant qui a traversé de grands bouleversements et qui mérite stabilité, reconnaissance et liens. Et cela, en soi, est immense.
Et si les résolutions vous semblent impossibles ?
Si l’idée de prendre des résolutions vous paraît trop lourde cette année, peut-être pouvez-vous envisager une approche plus douce :
Un petit ajustement
Qu’est-ce qui rendrait la journée de votre famille 10 % plus légère ? Pas une transformation complète, simplement un peu plus de souffle.
Une demande concrète
Pensez à une personne à qui vous pourriez demander une aide précise et tangible : « Peux-tu faire les courses mardi ? » ou « Peux-tu garder mon enfant pendant deux heures samedi ? »
Une façon d’honorer le deuil
Le chagrin ne disparaît pas parce qu’une nouvelle année commence. Il mérite d’être reconnu.
Une limite protectrice
Quelle limite pourrait mieux protéger votre énergie et le sentiment de sécurité de votre enfant ?
Survivre, c’est déjà un travail sacré
Vous n’échouez pas si votre objectif est simplement de traverser cette année. Survivre est déjà un travail sacré lorsque l’on élève des enfants dans des circonstances complexes. C’est un travail qui reconnaît leur histoire, leur identité et leur voix.
Ce parcours implique de composer avec une dynamique familiale que bien des gens ne comprennent pas pleinement. Il implique de faire de la place à la perte, au deuil, mais aussi à l’espoir. Il implique d’honorer l’identité culturelle de votre enfant et ses liens avec sa famille biologique, tout en lui offrant sécurité et stabilité. Ce travail a de la valeur, même s’il ne ressemble pas à l’idée traditionnelle que l’on se fait d’un objectif.
Nous vous voyons
Chez Connexions Entrelacées, nous comprenons ces réalités. Si vous avez besoin d’un soutien qui saisit réellement la complexité des dynamiques familiales, de la perte, du deuil et de l’espoir qui traversent ce parcours, nous sommes là pour vous.
Vous n’avez pas besoin d’avoir tout compris. Vous n’avez pas besoin de vous transformer. Parfois, vous avez simplement besoin d’être vu, soutenu, et de vous rappeler que ce que vous faites compte profondément.
Avez vous besoin de parler avec d’autres qui vivent des réalités semblables?
Rejoignez notre réseau de soutien de pair gratuit destiné aux parents et aux aidants familiaux, adoptifs ou traditionnels, afin d'accéder à des ressources, à un soutien et à une communauté.