Ce sentiment inattendu à l’approche de la rentrée 

Rédigé par une figure parentale anonyme de la communauté Connexions Entrelacées

Veuillez noter: Ce blogue a été traduit en français à partir de sa version originale en anglais. 

L’école recommence aujourd’hui. 

Les sacs sont prêts. Les lunchs sont préparés. Les vêtements ont été choisis. Hier soir, nous avons accompagné nos enfants anxieux au moment du coucher, avec, comme toujours, des paroles rassurantes, quelques câlins supplémentaires et des rappels que, peu importe les obstacles ou les défis qui se présenteront à eux, nous serons là pour les soutenir. Ils ne sont pas seuls. Nous serons à leurs côtés, quoi qu’il arrive. 

Tous les préparatifs habituels de la rentrée ont eu lieu. 

Sauf que cette année, je ne compte pas les jours avant la rentrée parce que j’ai hâte qu’elle arrive. 

Je les compte parce que je dois le faire. 

Et pour la toute première fois, je suis sincèrement triste de voir l’été se terminer. 

J’ai toujours fait partie de ces parents qui sont prêts à voir l’école recommencer. J’adore l’été, mais vers la fin août, j’ai généralement hâte de retrouver une routine, un peu de structure et un peu de répit. J’ai compté les jours. J’ai acheté les fournitures scolaires. J’avais hâte que tout le monde retrouve son rythme. 

Cette année, c’est complètement différent. 

La dernière année scolaire a été difficile. Et pas seulement difficile. Elle a été véritablement traumatisante pour notre famille. 

Et il nous a fallu trois semaines complètes de vacances d’été avant que j’aie l’impression que nous commencions réellement à relâcher la pression accumulée. 

Trois semaines. 

Trois semaines à redescendre peu à peu après le stress constant, les réunions, les démarches de défense des droits de mon enfant, les appels, l’inquiétude, la dérégulation et l’épuisement profond lié au fait d’essayer de tout tenir ensemble. 

Et juste au moment où nous avions enfin l’impression de pouvoir respirer à nouveau, le compte à rebours jusqu’en septembre a commencé. 

L’anxiété est déjà là. 

Je sais que le personnel scolaire travaille au sein d’un système sous-financé et poussé au-delà de ses capacités. Je sais que les membres du personnel enseignant et les équipes-écoles font souvent de leur mieux avec les ressources dont ils disposent. 

Mais le savoir ne rend pas plus facile le fait de renvoyer son enfant dans un système qui lui a déjà causé tant de détresse. 

Parce que l’inclusion ne peut pas simplement signifier qu’un enfant est physiquement présent dans la salle de classe. 

Et on ne peut pas s’attendre à ce que les parents passent chaque année scolaire à se battre pour s’assurer que leurs enfants reçoivent réellement le soutien dont ils ont besoin une fois à l’école. 

Je suis fatiguée. 

Je suis fatiguée de devoir défendre les besoins de mon enfant. 

Je suis fatiguée de devoir expliquer. 

Je suis fatiguée de me demander si les soutiens adéquats seront en place cette année et s’ils le resteront lorsque les choses deviendront difficiles. 

Et surtout, je suis fatiguée de savoir que mon enfant entre dans un endroit où des choses qui peuvent sembler toutes petites pour d’autres enfants peuvent lui demander énormément d’énergie. 

Mon enfant m’a récemment confié qu’iel se sentait seul à l’école. 

Iel m’a parlé de quelque chose d’aussi simple que de choisir où s’asseoir dans une salle de classe. 

Être trop près du tableau interactif peut lui donner des maux de tête. 

S’asseoir au milieu peut lui donner l’impression que les autres le regardent ou le remarquent trop. 

S’asseoir au fond lui permet de se faire un peu plus discret. 

Un choix auquel la plupart des enfants ne réfléchissent probablement pas à deux fois peut devenir tout un calcul. 

Et à mesure que mon enfant grandit, je vois que l’écart entre ses besoins développementaux et ceux de ses pairs devient de plus en plus visible. 

La 6e année apporte aussi son lot de complexités sociales. Les amitiés changent. Les attentes changent. Les enfants deviennent plus autonomes. Leur monde s’élargit. 

Et je me demande à quel point ce monde sera plus difficile à naviguer pour un enfant qui déploie déjà tant d’efforts simplement pour gérer les choses du quotidien. 

J’essaie de ne pas trop anticiper. 

J’essaie de ne pas imaginer le pire. 

Mais je ne veux pas non plus faire comme si l’année dernière n’avait jamais eu lieu. 

Elle a bel et bien eu lieu. 

Elle nous a changés. 

Alors oui, je redoute cette journée. 

Je suis triste que l’été se termine. 

Je suis triste que l’endroit où mon enfant s’est senti le plus en sécurité et le mieux régulé au cours des derniers mois ne soit plus celui où iel passera la majeure partie de ses journées. 

Et j’ai peur de ce que cette année pourrait nous réserver. 

Mais, à côté de tout cela, il y a aussi un autre sentiment. 

L’espoir. 

J’espère que cette année sera différente. 

J’espère qu’il y aura une personne enseignante qui verra mon enfant avant de voir ses difficultés. 

J’espère qu’il y aura des amitiés stables et rassurantes. 

J’espère que l’école deviendra un endroit où mon enfant pourra trouver sa place, plutôt qu’un endroit où iel aura constamment l’impression de devoir faire des efforts pour suivre. 

J’espère que son système nerveux ne passera pas chaque journée en état d’alerte. 

J’espère qu’iel rentrera aussi à la maison avec des histoires sur les bons moments de sa journée. 

Et, égoïstement, j’espère que la maison ne devra pas être l’endroit où toutes les difficultés vécues à l’école finissent par être déversées, simplement parce qu’il n’y avait aucun autre endroit où les déposer. 

Je ne sais pas à quoi ressemblera cette année. 

Je ne peux pas promettre à mon enfant que tout ira bien. 

Ce que je peux lui promettre, c’est que, quoi qu’il arrive, nous serons là pour le soutenir. 

Nous l’écouterons. 

Nous le croirons. 

Nous défendrons ses droits. 

Nous célébrerons les victoires, aussi petites soient-elles. 

Et lorsque les choses seront difficiles, nous serons là aussi. 

En tant que mère adoptive, j’ai également dû apprendre à faire attention aux histoires que je raconte. Les expériences de mes enfants leur appartiennent. Leurs histoires ne sont pas les miennes à raconter simplement parce que je suis leur parent. 

Je ne prétendrai donc pas savoir exactement comment ils vivent leur expérience à l’école. 

Je ne peux les écouter que lorsqu’ils choisissent de m’en parler. 

Et en ce moment, ce que j’entends, c’est qu’ils sont nerveux. Ils sont fatigués. Ils se sentent parfois seuls. 

Et ils ont aussi de l’espoir. 

Alors, j’essaie moi aussi d’accueillir tout cela. 

La peur. 

La tristesse. 

La colère. 

L’épuisement. 

L’espoir. 

Peut-être que c’est simplement ainsi que cette année doit être vécue. 

Sans prétendre que tout ira bien. 

Sans supposer que tout ira mal. 

Simplement en étant prête à accueillir ce qui viendra et en m’assurant que mes enfants sachent qu’ils n’auront jamais à y faire face seuls. 

Alors aujourd’hui, je ferai ce que font les parents. 

Je préparerai les sacs, je ferai les lunchs et je les aiderai à gérer leur nervosité. Je regarderai mes enfants franchir les portes de l’école, et je garderai espoir, je défendrai leurs droits et je les écouterai. 

Et je serai là, à la maison, à les attendre. 


Les opinions exprimées dans les blogues n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent en aucun cas la position officielle de Connexions Entrelacées. Nous respectons la diversité des opinions au sein de la communauté de l’adoption, de la garde par les proches et des soins coutumiers, et espérons que ces articles susciteront des discussions constructives.

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